Alors que le salon ferme ses portes ce soir et comme annoncé dans le précédent post, voici un rapide retex sur Farnborough.
Le moins que l'on puisse dire est que l'ambiance fut à la hauteur du climat: nuageux pour le pas dire sinistre; en tout cas pour le secteur de la défense: Un public clairsemé dans les allées, pas d'annonces majeures, des mines fermées et un service minimum sur les stands comme dans les airs.
Seul rayon de soleil, l'annonce par Richard Branson, le charismatique patron de Virgin du developpement d'un lanceur low cost de satellites dont une partie des moyens servira aussi a renforcer ses capacites dans le tourisme spatial. Il a par ailleurs profité de l'occasion pour annoncer que le nombre d'inscription pour un voyage avec Virgin Galactic a dépassé celui des personnes ayant déjà été dans l'espace (529).
Au dela donc de ce sujet et pour revenir à la Défende, j'ai pour ma part retenu trois choses intéressantes :
L'entrée en service officielle du Wildcat au sein de l'armée britannique. Le Wildcat est une version modernisée du vénérable Lynx. L'ensemble des nouvelles plateformes sera livré pour 2016. Cette cure de jouvence devrait lui assurer une durée de vie au delà de 2040 et permettre à l'armée britannique de remplir ses missions de surveillance.
L'annonce faite par le ministre de la défense Philip Hammond, de rechercher un maximum d'efficience dans les programmes en demandant notamment aux industriels de présenter un plan de soutien à 10 ans.
Il a aussi ajouté qu'avec le basculement des Etats-Unis vers la zone Asie-pacifique, les Européens devront (mieux) prendre en charge leur propre sécurité ainsi que celle de l'Afrique et du Moyen-Orient.
Il est enfin revenu sur la nécessite pour le Royaume-Uni de renforcer ses capacités en matière de cyberdefense et dans la lutte contre les menaces asymétriques.
La présence toujours aussi importante des drones chez la plupart des industriels; Comme quoi ces appareils sont maintenant bien ancrés dans le paysage, même si j'ai l'impression que l'offre dépasse allègrement la demande...
Enfin un dernier point qui m'a marqué, c'est la présence de nombreux appareils léger et avions d'entrainement (type hawk) proposés en version armée lourdement armées (roquettes mais aussi missiles). Un tendance que j'avais déjà noté dans un précédent salon: ce concept ayant l'avantage de proposer une réelle capacité de combat pour un coût généralement moindre que celui des avions de 4ème ou 5e générations.
Un blog pour suivre l'actualité du monde de la défense et des industries associées
vendredi 13 juillet 2012
mardi 10 juillet 2012
Farnborough 2012
Le 48e salon aéronautique de Farnborough a ouvert ses portes hier matin. L'occasion pour les industriels de la défense et de l'aéronautique de se retrouver un mois après Eurosatory, dans un climat toujours aussi morosse en particulier dans le secteur de la Défense. Selon les organisateurs, plus de 1400 exposants seront présents et l'on attend près d'un demi-million de visiteur cette année.
Dans son discour d'ouverture, le premier ministre britannique a tenu à rappeler que l'industrie aéronautique anglaise est une "vraie success story" et que le secteur reste vital pour l'économie britannique.
Parmi les premières annonces citons:
- La commande par la gouvernement britannique d'un simulateur pour l'A400M
- Une méga commande pour Boeing de 7.2 milliards de dollars pour 75 737MAX (concurrent de l'A-320 Neo d'Airbus) par la société de leasing ALC.
- Sur le plan industriel, la première grosse annonce est celle du rachat de la division aéronautique de Volvo (spécialisé dans les moteurs d'avions) par le britannique GKN pour près de 800m€. Ce rachat va notamment permettre à GKN de combler son retard sur ses concurrents et notamment sur le français Safran.
En matière de défense, notons un nouveau produit chez le missilier européen MBDA, qui présente son concept de Vigilus, un système de drone dôté deux deux munitions:
- La première appelée Caelus est une minidrone rodeur capable d'engager une cible,
- La seconde, le Glavius est un mini-missile pour la frappe de précision et garantie sans dommages collatéraux.
Le salon dispose de son propre compte twitter que vous pouvez suivre ici: @Farborough2012 ou via le hashtag #FIA12. Pour ma part j'y serais en fin de semaine. Ce sera l'occasion de vous faire un retour sur les annonces et les rumeurs entendus à mon retour.
Bonne semaine à tous.
En image: la patrouille des Red Arrows accompagnant le vénérable bombardier Vulcan.
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dimanche 10 juin 2012
Ouverture du salon eurosatory demain
Le salon international Eurosatory ouvrira ses portes demain et pour 5 jours à Villepinte en région parisienne.
La thématique du salon: Défense et Sécurité terrestres. Cette année le salon devrait accueillir un peu plus de 1400 exposants dont près de 400 français. C'est le rendez vous indispensable pour tous les professionnels de la défense et des industries associées.
Près de 1500 systèmes d'armes majeurs, comprenez, assez grand pour être exposés au 54 000 visiteurs attendus, seront présentés.
Parmi les sujets à suivre, il y aura notamment le rapprochement entre Panhard et RTD et, avec un peu de chance une ébauche du remplaçant du vénérable VAB (appelé dans les armées VBMR) du côté de chez Nexter
Le futur remplaçant du FAMAS, sera aussi probablement présent soit chez FN Herstal soit chez H&K et les deux industriels mettront certainement tout en œuvre pour séduire le client français.
Pris par d'autres activités je ne pourrais malheureusement m'y rendre mais je (re)twitterai autant que possible les infos et annonces majeures.
Bon salon à toutes et à tous
La thématique du salon: Défense et Sécurité terrestres. Cette année le salon devrait accueillir un peu plus de 1400 exposants dont près de 400 français. C'est le rendez vous indispensable pour tous les professionnels de la défense et des industries associées.
Près de 1500 systèmes d'armes majeurs, comprenez, assez grand pour être exposés au 54 000 visiteurs attendus, seront présentés.
Parmi les sujets à suivre, il y aura notamment le rapprochement entre Panhard et RTD et, avec un peu de chance une ébauche du remplaçant du vénérable VAB (appelé dans les armées VBMR) du côté de chez Nexter
Le futur remplaçant du FAMAS, sera aussi probablement présent soit chez FN Herstal soit chez H&K et les deux industriels mettront certainement tout en œuvre pour séduire le client français.
Pris par d'autres activités je ne pourrais malheureusement m'y rendre mais je (re)twitterai autant que possible les infos et annonces majeures.
Bon salon à toutes et à tous
jeudi 31 mai 2012
Changement de direction à la tête d'EADS
C'est aujourd'hui que s'est tenu, à 15h exactement, l'assemblée générale du groupe EADS et dans la foulée le premier conseil d'administration de la nouvelle équipe. Parmi les changements les plus significatifs citons:- Le départ de l'actuel PDG du Groupe Louis Gallois, remplacé par Thomas Enders, âgé de 53 ans et ancien patron d'Airbus.
- La nominationd'Arnaud Lagardère à la tête du conseil d'administration du groupe (en remplacement de Bodo Ubber, le directeur financier de Daimler, l'un des actionnaires majeurs du groupe) comme définie par un accord passé entre les Etats français et Allemand en 2007. A noter qu'Arnaud Lagardère était absent pour son intronisation.
Le charismatique nouveau patron du géant européen a du pain sur la planche. Il va devoir gérer rapidement le changement de gouvernance du groupe et le retrait successif des deux actionnaires majeurs et représentants de leurs États respectifs, à savoir Lagardère et Daimler*. Ce dernier vendra 7.5% de ses part et ses droits de vote à l'Etat allemand (via la banque d'Etat KfW) d'ici la fin de l'année. Quand à Lagardère, même s'il reste au conseil d'administration du groupe, son désengagement devrait intervenir une fois le programme Airbus A350 sur les rails.
D'ici là, les gouvernements allemands et français cherchent encore une solution pour conserver une position stratégique au sein de la direction du groupe sans pour autant effrayer les potentiels investisseurs et maintenir un équilibre entre les deux pays. Parmi les différents scénario envisagés:
- La mise en place d'un golden share (qui aurait la préférence d'Enders)
- La nomination directe de représentants de l'Etat au CA du groupe
Sur le plan industriel, si Louis Gallois laisse les clés d'un groupe globalement sain (voir mon post sur les résultats annuels d'EADS ici), Son successeur va devoir gérer un certain nombre de dossiers sensibles parmi lesquels:
- la finalisation du programme Airbus A350 et sa réussite commerciale
- la recherche de l'équilibre financier sur le programme A380
- la montée en cadence de l'A400M
- l'implantation (ou non) d'une usine de production sur le territoire américain
- l'avenir de Cassidian, la filiale Défense du groupe qui connaît plusieurs difficultés
- le renouvellement de la gamme militaire d'Eurocopter
- La gestion de l'hyper importance d'Airbus dans le groupe (et par conséquence la relation entre Thomas Enders et Fabrice Brégier devenue numéro 1 d'Airbus à la suite du départ d'Enders)
- ...
De quoi bien occuper le nouveau PDG du groupe pour les 5 prochaines années.
Pour en savoir plus voici quelques articles sur le changement de pouvoir:
Communiqué de presse d'EADS (avec la liste des membres du conseil d'administration
La feuille de route de Thomas Enders (Challenge)
Lagardère absent de l'AG d'EADS (Les Echos)
EADS Tom Enders arrive... (La Tribune)
* aujourd'hui Daimler contrôle plus ou moins directement 22.5% du groupe et dispose du même niveau de droit de vote. L'Etat français et Lagardère sont regroupés au sein de la Sogeade et représente l'Etat français avec 22.5% des droits de vote.
vendredi 25 mai 2012
Signalement d'article: L'alternance réveille les ambitions inavouées des industriels de la défense
Je vous signale la sortie ce soir d'un bon article de la Tribune concernant les enjeux de l'industrie de défense française pour les prochaines années. Michel Cabirol revient en effet sur les grands chantiers potentiels/en attente entre acterus de premiers rang (EADS/Thales/Safran/Dassault) et de second rang (MBDA/Nexter/DCNS).
Le salon Eurosatory qui ouvre ses portes dans 3 semaines (du 11 au 15 juin) sera certainement l'occasion d'en savoir un peu plus sur tous ces sujets.
Bonne lecture.
PS: même si je ne publie pas de post, je tweet et retweet régulièrement des articles ou des posts d'autres blogger et sites d'informations. N'hésitez donc pas à me suivre.
mardi 22 mai 2012
Pour compléter mon post précédent
Voici un lien vers un article intéressant sur les enjeux du sommet de l'OTAN pour les industriels et surtout sur le risque de décrochage capacitaire entre les USA et les Européens.
http://www.nationaldefensemagazine.org/blog/Lists/Posts/Post.aspx?ID=793
Bonne lecture et bonne soirée
http://www.nationaldefensemagazine.org/blog/Lists/Posts/Post.aspx?ID=793
Bonne lecture et bonne soirée
lundi 21 mai 2012
Sommet de l'OTAN et industries de défense, enjeux et conséquences?
Le 23e sommet de l'OTAN s'est ouvert hier à Chicago et réunit pour 2 jours les chefs d’État des pays membres. A l'agenda, outre la question cruciale du retrait d'Afghanistan, il est aussi question de deux autres sujets qui intéresseront particulièrement les industriels de la Défense:- la défense antimissile balistique
- la "smart Defence"
La Défense antimissile balistique
Définie lors du sommet de Lisbonne DE 2012, la défense antimissile est devenue l'un des piliers de l'OTAN. Il s'agit avant tout d'une initiative américaine qui vise à protéger le territoire américain ( puis par extension l'Europe) d'une frappe de missile balistique. Les Européens sont très divisés sur la question et à l'exception de quelques nations (Pays-Bas, France) trainent plutot des pieds. La faute à une absence de vision stratégique et partagée sur la question mais aussi à de forte pressions budgétaires, car les investissements pour le projet se chiffre déjà en milliards de dollars. Le sommet de Chicago doit être l'occasion pour l'Alliance d'annoncer la mise en place d'une capacité interimaire d'interception, essentiellement, pour ne pas dire uniquement basée sur des capacités américaines (navire doté du systèmes AEGIS + missiles SM-3 déployés en mer et à terre en Pologne notamment ainsi qu'un radar d'alerte AGS installé en Turquie). Le bouclier antimissile devrait être pleinement opérationnel pour 2018.
L'absence de vision politique des Européens rend la tâche complexe pour les industriels concernés par le bouclier antimissile qui hésitent à investir dans ce domaine pourtant majeur car générateur de R&D. Les principaux industriels concernés, Thales (pour les radars) et MBDA (pour les missiles) misent pourtant beaucoup sur le domaine. Et si la R&D autofinancée peut contribuer un peu au développement d'une capacité initiale, il faut au final une volonté politique pour lancer la machine et assurer l'avenir des filières concernées. Car il est clair que les Etats-Unis ne renonceront pas à ce système et on peut le comprendre : ils investissent depuis plus de 10 ans plusieurs milliards de dollars et espèrent donc 2 choses: que le système fonctionne mais aussi des retombées via la vente du système ou via contribution financière. Dès lors, la question que doit se poser chaque état européen est: Dois-je acheter directement sur étagère un système à "moindre" frais ou alors participer à via mes propres moyens à cette initiative avec un meilleur retour sur investissement ?
L'initiative Smart Defence
L'initiative Smart defence consiste en cette période de disette budgétaire à rechercher la mise en commun voire l'achat groupé de moyens entre différents pays de l'Alliance. Il s'agit aussi pour l'OTAN de rééqulibrer le poids des dépenses entre les Etats-Unis et le reste de l'Alliance. Entre 20 et 25 projets devraient être discutés à Chicago dont la defense antimissile, les capacités de renseignement ou encore la préparation et l'entrainement des forces. .
Si l'initiative peut apparaitre louable, elle comporte néanmoins un risque pour les pays européens et pour leurs entreprises car il est fort probable que la recherche d'économies incite fortement à l'achat sur étagère. Or, le gap capacitaire entre les USA et ses alliés, y compris les plus performant (France, UK) se fait de plus en plus criant chaque jour. La course technologique que mène les Etats-Unis, notamment dans le domaine de la défense antimissile est symptomatique de cet écart capacitaire. La plupart des pays de l'Alliance, s'ils veulent aujourd'hui se doter de cette capacité, n'ont d'autres choix que de se dôter de moyens américains. C'est le cas de la Pologne notamment qui a accepté l'installation de missiles sur son territoire.
Face à cela quelle marge de manoeuvre pour les industries européennes face à la puissance de frappe d'une société américaine qui dispose déjà d'un système ou d'une technologie amortie grâce au marché domestique américain? Encore une fois l'absence d'une politique claire et à long terme des dirigeants européens et surtout d'une vision commune sur leur propre sécurité laisse le champs libre à Washington pour imposer ses vues et ses moyens.
Il est encore trop tôt pour évaluer l'impact de ce 23e sommet de l'OTAN sur la politique industrielle de défence en Europe mais il constitue déjà une victoire pour les Etats-Unis sur le bouclier antimissile et pour les industries associées, Lockheed Martin, Raytheon et autres.
Sources:
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